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Jeudi 16 novembre 2006

Le mot « Pharaon » vient de la version grecque de la Bible , où il apparaît dans la Vulgate (Genèse, XII-15), sous la forme Farav, (Pharao). Les Hébreux s’étaient contentés de transcrire à leur manière le mot égyptien  per-aâ, pouvant se traduire par «  la Grande Maison  ». Cette expression désignait à l’origine le palais royal et ceux qui l’habitait. Dès l’Ancien Empire, tout Pharaon portait cinq noms distincts qui lui était donné lors des cérémonies de l’intronisation, destinées à lui faire acquérir la force magique considérable nécessaire à sa fonction de garant de l’Ordre universel, conformément à la Ma ’at, «  La Vérité et la justice ». Ces noms constituaient la « titulature royal ».

Le premier de ces noms est le nom d’Horus. En tant que roi, le Pharaon était considéré comme le successeur légitime d’Horus. De même qu’Horus, dieu faucon fils d’Osiris et d’Isis, avait hérité de son père la royauté de l’Egypte, de même le Pharaon était conçu comme « l’Horus vivant », la réincarnation du premier roi mythique.

Le deuxième nom dit des « deux déesses » rappelle la période où l’Egypte était divisée en deux royaume distinct : le royaume du Nord protégé par la Déesse-cobra  Ouadjyt , et le royaume du Sud protégé par la Déesse-vautour Nekhbet.

Le troisième nom : « Horus d’Or » évoque très probablement le combat mythique et la victoire d’Horus sur son oncle Seth qui avait cherché à lui usurper la suprématie qui lui revenait de par son père Osiris.

Le quatrième nom, que l’on appelle le « prénom » est toujours précédé de la formule « Le Roi de la haute et de la Basse Egypte  » ou plus précisément « Celui qui appartient au Roseau » (la plante symbolique du Sud), et à l’abeille (l’animal héraldique du Nord) ».

Le cinquième nom est précédé du titre « le Fils de Râ », le dieu solaire.

Les deux derniers noms de la titulature royale ou du protocole étaient inscrits à l’intérieur de ce que l’on appelle le « cartouche » :

C’est un nœud de corde qui symbolise « Ce que le soleil encercle » et représente l’Univers entier qui appartient en fait au Pharaon. Le texte grec du décret de Memphis (Pierre de Rosette qui comprend : une partie en hiéroglyphes, une autre en écriture démotique et une troisième en grec) reproduit les cinq noms divins qu’il traduit du texte hiéroglyphique. C’est en partant  des signes entourés d’un cartouche (celui de Ptolémée V qu’il retrouva également sur l’obélisque de Philae accompagné du cartouche de l’une des Cléopâtre) que Champolion parvint au déchiffrement des premiers hiéroglyphes.

Le titre de « Pharaon » subsista jusqu’à la fin de l’histoire égyptienne et les souverains lagides ou romains portèrent eux aussi leur nom d’ « Horus ». C’est ainsi que l’empereur Auguste se fit appeler en Egypte : « l’Horus, celui au bras puissant, le Grand de force ».

Par Morgane et Merlin - Publié dans : Les Dossiers
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