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Lundi 30 octobre 2006

  Le terme labyrinthe provient de la mythologie grecque, où il désigne la série complexe de galeries construites par Dédale pour enfermer le Minautore. De nombreuses autres cultures et civilisations ont cependant utilisé ce motif, depuis les temps préhistoriques jusqu'au Moyen-age, où les labyrinthes se retrouvent dans les églises.

 

Aujourd'hui, ce nom est encore employé pour décrire un agencement de chemins étudiés pour que le visiteur puisse s'y perdre, notamment dans les parcs.

Revers d'une tablette d'argile de Pylos portant le motif du labyrinthe, allusion du thème mythologique du combat de Thésée et du Minotaure. C'est une des plus anciennes (la plus ancienne ?) représentations connues du thème du labyrinthe, qui est repris plus tard sur le monnayage de Cnossos. Musée archéologique national, Athènes.

Continuons notre route...

Aujourd'hui, ce nom est encore employé pour décrire un agencement de chemins étudiés pour que le visiteur puisse s'y perdre, notamment dans les parcs.


Labyrinthes anciens


Autres civilisations

Symbole d'un cheminement initiatique long et difficile, le labyrinthe est connu de nombreuses civilisations anciennes : les hommes préhistoriques, les Mésopotamiens, les Scandinaves, les Hopis ou les Navajos... Les labyrinthes de pierre ou de gazon de ces cultures présentent toujours un parcours unique avec sortie rapide. Parcourir le labyrinthe, seul ou avec l'ensemble de la communauté, est alors l'occasion d'une introspection. Les méandres symbolisent le cours de la destinée humaine, ses pièges et ses tourments.

Pendant des millénaires, le labyrinthe a fasciné l'humanité par ses mystères, car un seul sentier mène au but. Des tracés de chemins tortueux ont été taillés dans les parois rocheuses du désert américain et sur les falaises scandinaves. Des dédales ont été taillés dans la tourbe du Pays de Galles et d'Angleterre (comme le Julian's Bower à Alkborough). Monstres et géants font partie de ce mythe, et les Églises elle-mêmes se sont servies de son symbolisme. Aujourd'hui ils ne sont plus qu'une amusante curiosité, dont l'un des modèles les plus connus est celui de Hampton Court en Angleterre.

Labyrinthes d'églises

Au IV ième Siècle, on rencontre déjà un labyrinthe qui se déployait dans le sol d'une basilique chrétienne en Algérie. Mais le symbole hautement païen du labyrinthe est abandonné durant tout le Haut Moyen Age, pour n'être repris qu'auXII ième siècle. Ce trait est devenu commun à bon nombre d'églises, et de la plupart des grandes cathédrales d'Europe. Les plus vastes se trouvent dans les cathédrales françaises. Le labyrinthe y est toujours situé du côté ouest, la direction d'où viennent les démons (l'ouest étant la direction de la mort). Ne pouvant se déplacer qu'en ligne droite, ils étaient ainsi piégés avant d'arriver au choeur.

Les anciens noms français utilisés pour désigner ces types de labyrinthe étaient : « dédale », du nom de son inventeur, « méandre » et « chemin de Jérusalem ». Le centre du dédale était lui nommé « paradis » ou encore « Jérusalem ». Il est fort vraisemblable que ceux-ci étaient « enfilés » réellement par des pénitents qui mimaient un pèlerinage en Terre Sainte, ce qui remplaçait un pélerinage pour les pauvres. Les sinuosités, les détours devaient symboliser les tribulations de la vie chrétienne. Le dédale était une représentation optimiste de la sanction finale, car il ne comportait quasiment jamais d'embranchements, ni boucles, ni culs-de-sac.

Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres, est un imposant labyrinthe de 12 mètres de diamètre, et son dessin sur le sol à une signification complexe, et résulte d'une opposition de pavages blancs et bleus. Un psaume se déroule sur les 150 m de son parcours. Autour du centre, les couloirs se déroulent en onze cercles : le chemin de Jérusalem ainsi représenté n'atteint pas la perfection, symbolisée par le nombre 12. Les déambulations des croyants lors de son parcours symbolique, un véritable chemin spirituel, sont l'occasion d'une introspection. Ils suivaient le tracé sans réellement contrôler la direction, commençant par se diriger droit au but, vers le centre, avant de s'en éloigner, forçant ainsi le fidèle à de multiples détours.Le labyrinthe n'est pas visible tout le temps, des bancs étant placés sur le dallage. Mais le vendredi, de Paques à la Toussaint, il est découvert et les fidèles peuvent y déambuler. La basilique de Saint-Quentin propose aussi, sur son pavé, un beau labyrinthe déambulatoire.

On retrouve un des plus petits labyrinthes d'église à la cathédrale de Luques en Italie (voir illustration). Il est gravé sur le mur, et mesure environ 50 cm de large. Les fidèles suivaient le parcours du doigt : c'est un labyrinthe digital. À l'intérieur, on reconnaît alors mal les figures usées de Thésée et du Minautore gravées au centre. L'inscription dit « Ceci est un labyrinthe que bâtit le Crétois Dédale, et duquel nul y étant entré n'en ressortit sauf Thésée ; encore ne l'aurait-il pu sans Ariane, qui l'aida par amour. » Un labyrinthe se trouve dans les ruines de abbaye de Saint-Bertin, à Saint-Omer.

Le labyrinthe de la cathédrale de Reims, qui était remarquable, fut détruit en 1779 à cause du bruit généré par les jeunes fidèles qui s'amusaient de ces dédales pendant les offices.

Par Morgane et Merlin - Publié dans : morganetmerlin.voyance
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