
Superbe document que nous avons le plaisir de vous faire partager, saluons cet excellent travail de recherche réalisé par
Racines&Traditions
Dans l’ancien français héraldique on retrouve trois sens au mot “blason” : le sens utilitaire de “bouclier”, le sens de “gloire” se référant à sa fonction symbolique fondamentale eut égard à l’acte glorieux qu’il célèbre, et le sens de “beau langage pour célébrer” (blasonner)
Étymologie : à partir du grec, il viendrait de Blasein “souffler, dire sans le dire, bégayer”, c’est à dire : cacher ! Cependant qu’en moyen haut-allemand – dont on sait l’incidence par le francique sur tout ce qui concerne la Chevalerie et l’Art militaire – nous trouvons Blas “torche enflammée, gloire, éclat”, c’est à dire feu maîtrisé (par le prévoyant Prométhé) et, en latin médiéval blazonare signifiait encore au XVème siècle “graver par le feu” !
Ne terminons pas ces généralités sans citer un nom parent de Blason : les pratiquants de “l’art goth” cher à nos faux bourgs demandent toujours à un nouveau venu dans leur société “d’allonger son blaze” c’est à dire son nom/ surnom qualificatif.
La Chevalerie, stricto sensu, est “une manière d’être, un style de vie, une éthique” qui s’est développée avec le dressage° du cheval (cf. § in art. Bestiaire*), devenu peu à peu l’Art équestre et, là aussi, ses origines ancestrales se perdent en Niflheim (dans la brume du Nord et du Temps) avant la Submersion des Atlante* boréens (cf. art. Déluges*).
Il ne fait aucun doute en effet que la Chevalerie date d'avant l'installation des Doriens en Grèce car non seulement ils y importèrent le cheval et les chars de combat (les Mycéniens ne possédaient pas de chevaux…) mais ils y créèrent une aristocratie* issue de leur cavalerie, les Hippobotai ou “éleveurs de chevaux”.
Il ne fait donc aucun doute pour nous que les Centaures étaient un Ordre militaire et qu’ils étaient chargés, de ce fait, d’une partie de l’éducation de la jeunesse grecque : ce n’est pas Chiron qui nous contredira !
« La Tradition nordique, forgée dans l’épreuve de la glace et de la neige de l’Europe de l’Âge glaciaire, fut originellement une tradition de combat continu contre des conditions défavorables écrasantes : cela réclamait une grande confiance en soi et, si nécessaire, un consentement à mourir de manière désintéressée pour sa famille et sa communauté*, en faisant appel à ces réserves de force surhumaine qui reposent en nous tous.
« Pour être capable de ces actes de volonté, un entraînement strict au self-control, comparable à celui utilisé dans les arts martiaux orientaux, était requis. Celui-ci se manifestait dans la tradition guerrière et, plus tard, passa dans la chevalerie. Mais il succomba finalement lors de la formation des armées de métier et de l’introduction de la technologie sous forme des armes à feu.
« Les traditions héroïques dans la littérature arthurienne et les sagas germaniques et noroises nous montrent qu’il existait deux cultes principaux dans cette tradition guerrière, celui du Loup° et celui de l’Ours°, avec un troisième, moindre, mais royal, le culte du Sanglier° sauvage. On les reconnaît assez bien sous le nom des groupes de guerriers norrois : les Ulfhe¶nar (qui portaient tunique de peau de loup sur leur broigne)n, les Berserkers (portant tunique de peau d’ours invincible sans cotte de maille)n et les Svinfulkingar (qui combattaient en “coin” ou “en groin de sanglier” sous la direction de deux rani ou “groins”)n…
« La “langue des loups” est une forme d’incantation, comme le Kiaï des arts martiaux orientaux, qui a pour objet d’abaisser momentanément la tension sanguine des adversaires (les sidérant)n, permettant au guerrier de frapper. Ces “sons glaçants” sont évoqués dans le texte vieux-norrois du Hrafnsmál : “Les Berserkers aboyaient… Les Ulfhe¶nar hurlaient…” » Nigel Pennick 1986, Magie du Nord, Pardès 1996.
« La Chevalerie (médiévale)n se greffa sur un vieux rite* germanique, sorte de “rite de passage” comme il en existe dans toutes les sociétés traditionnelles par lequel un jeune homme libre recevait, à l’issue d’un dur apprentissage, ses armes (la framée et le bouclier) et devenait un homme, membre à part entière de la tribu. Tacite, dans le chapitre XIII de sa Germania a très bien résumé cet adoubement païen … » Bernard Marillier.
Un futur Chevalier ne peut être adoubé (armé) d'un coup du plat de l'épée sur la nuque que par un Chevalier ! Ainsi le roi François 1er fut adoubé par le Chevalier-Bayard (i.e. “solaire”) Ponçon du Terrail. L’épée du Chevalier, véritable Ly-cornu, est celle de la "juste cause" (cf. art. Justice*, Licorne* et Narval*).
Les valeurs* de la Chevalerie « lorsqu'elles étaient appliquées sincèrement, pouvaient réduire les affrontements guerriers à un sport très brutal. Ne cite-t-on pas telle ou telle bataille médiévale ne faisant qu’un mort ? De telles valeurs ne peuvent plus être transposées dans notre époque tant la folie technicienne, l'esprit d'agression appuyé de moyens démesurés, n'exprime plus qu'un titanisme, opposé à toute pureté héroïque (…) La transposition moderne des valeurs chevaleresques pourraient faire, au fond, que la Chevalerie ancienne devienne, en notre siècle, pacifiste. » Vincent Decombis, revue Solaria N° 2.
À ce sujet, remarquons que ce n'est pas la technique qui est en cause ici car, par principe, étant matérielle elle n'intervient pas dans le choix des valeurs*. Ce qui est la cause de cette dégénérescence des valeurs dans notre monde moderne, c'est le gigantisme des états et des coalitions qui éloigne le décideur – de plus en plus irresponsable de ses actes, comme tout bureaucrate – de l'exécutant – le mot dit bien le réductionnisme appliqué à sa fonction – lequel est de plus en plus acculé à "tuer pour survivre". Comment pourrait-il y avoir un combat "à la loyale" dans ces conditions ?
Pour qu'il y ait des “valeurs chevaleresques”, une "éthique de l'honneur" – ce qui est le propre des Ordres de chevalerie – il faut que le décideur soit le combattant, que le combat soit danger vital et dépassement sportif, et qu’il ait son adversaire “ les yeux dans les yeux ! ” Nous effleurons ce sujet par ailleurs en parlant du pouce de César dans les “Jeux*” du Cirque et en rappelant que le mot pouce en gaulois se dit ordos qui signifie “ordre” : c’est tout un programme !…
Héraldique : le mot vient de “héraut” qui nous vient des langues nordique. En effet, on y trouve l’anglais hérald, le scandinave Harald (prénom) et le germanique continental Hariwalt : “celui qui règne sur les armes”.
« Il s’agit d’une esthétique et d’une poétique qui s’exprime bien en peinture et en poème. La peinture répond aux armes et le poème au blasonnement.. » Que dire de plus que Gattegno puisque c’est un des meilleurs.
L’Écu héraldique est dit Écu tournoi.
Le Héraut d’Armes : « a pour charge de transmettre les défis, de proposer les conciliations, de régler les cérémonies mais aussi de compter les morts. » Marol, Blason, langue vivante, Dangles, 1995 (cf. art. Caducée*).
D’autre part, lors des "jeux de guerre" que sont les tournois ou "tables rondes", la fonction du Héraut d'Armes est de "crier" le Blason des combattants qui se présentent en lice, c’est à dire de “blasonner” ses Armes.
« Le Héraut est hors caste, un indépendant, libre de voyager, d'aller chez "l'ennemi", de l'accueillir. On cite des ripailles entre hérauts d'armées opposées ! Ces privilèges lui seront longtemps conservés. Il est hors jeu et maître du jeu… » Marol (qui est aussi un des très bons…)
Plus tard, au XIVème siècle, quand l'esprit créatif de la Chevalerie se perd, quand la Noblesse se noie dans le conventionnel et la servilité Versaillaise, c'est l'un de ces Hérauts qui codifiera les Blasons de famille et les enregistrera dans le Grand Armorial du Roi. Mais alors « le blason devient marque de propriété, boursouflure… » Marol.
« Les Armes désignent l’ensemble des émaux, des pièces et des meubles dont l’écu est chargé. » Gattegno.
« Les Armoiries contiennent en sus les ornements extérieurs (…) Les armoiries sont de préemption : chacun, noble ou roturier, pouvant en adopter à son gré ; de concession : si le souverain en a ainsi décidé ; et, naturellement, de succession. » Gattegno.
« L’Art héraldique est l’Art du Blason et
lire des Armoiries se dit blasonner. »
Blasonner : a donc été présenté comme “l’art de lire les Blasons lors des tournois”, mais c’est surtout l’art de crypter, de cacher le sens réel de nos Armoiries puisque le Christianisme avait interdit l’Ancienne Coutume (cf. la Kala ou “prescription secrète” dans l’article Gioïa*, la Joie des Troubadours) car l’art de “blasonner” était alors devenu l’apanage du Héraut d’Armes à l’ouverture du Tournoi, lorsqu’il annonçait “à la cantonade” les Blasons des combattants “nobles“ , ceux de tous ces Chevaliers qui se succédaient en Lice .
À l'origine ce blasonneur était sans doute un ménestrel, un Trouvère ou “trouveur”, un Minnesänger ou "Chanteur de la Mémoire", la Mémoire de la “vieille coutume” ! Mais ce Héraut d’Armes tenait du Troubadour et du Chevalier, il savait traduire, cacher et dire quand il le fallait : en apparence c’était lire la carte de visite d’une manière “bien pensante” (ce que les laquais claironneront plus tard dans les réceptions bourgeoises), afficher des quartiers de noblesse, conventionnellement, sans dé-celler le sens et les origines des racines qui y sont pourtant clairement affichées “à qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre” !
Cependant, “blasonner quelqu'un” signifie aussi le brocarder, plaisanter, ou faire une chanson humoristique, satirique à son sujet : la satire, vieil art bardique de la moquerie, subsistait donc ici !

Devereux, Sussex (GB) 1646 (décryptage en IIème partie)
Le Blason est donc bien autre chose qu’un simple bouclier°, quand bien même celui-ci porterait gravé ou peint les symboles de la Tuatha/ Teuta (tribu), ou les marques personnelles du noble edeling :
« Le blason est un sceau. En cela, il nous engage, nous représente, nous rend présent. Regardons plus loin. Le terme sanskrit pour sceau est mudra. En Inde, les mudra sont des signes, des empreintes, mais aussi un langage gestuel. Ils racontent alors des amours, invitent des dieux, des lions, des fleurs. Ils scellent notre alliance à toutes les formes de Vie. » Ce Marol : quelle pénétration !
Étant plus qu’un bouclier, le Blason fait donc référence à un système de valeurs* déterminé qui est notre Ancienne Coutume et qui a donné naissance à travers les ordres guerriers, druidiques ou germaniques, tels les Berserkers vus plus haut, à la Chevalerie européenne qui date donc de bien avant les Croisades, cqfd !
Datation usuelle de la Chevalerie : une date moyenne arbitraire fut adoptée, après coup, comme “point de départ de l’Art héraldique”, mais ce n’est que celle de sa transcription sur des grimoires – mot où l’on retrouve à nouveau “grimer, se masquer” (cf. aussi art. Sorcières*). De là à prétendre qu’il n’y avait pas d’Héraldique avant, donc pas d’Armoiries, pas de Blasons, il n’y eut qu’un pas, vite franchi par les clercs † et leurs épigones idéologiques !
Mais, bien sûr, l’Esprit chevaleresque et ses Valeurs* existait déjà chez les Celtes occidentaux et septentrionaux (que sont les Germains) et aussi chez leurs cousins “Indo-Européens” orientaux, depuis fort longtemps, en tout cas très longtemps avant les Croisades. Rappelons que chez les Celtes des Îles, les membres de la Fianna étaient les chevaliers de l’époque. Dans la tradition galloise, les Chevaliers du Chêne et du Houx combattaient lors des fêtes* de Beltaine/ 1er Mai : le Chevalier du Houx figurant la verdeur combattait avec son bouclier (la Joute Galloise), vainquait et laissait la vie sauve au Chevalier du Chêne…

Blasons étrusque sur le cratère de Cerveteri
Nous nous inscrivons donc en faux contre l’affirmation de soi-disant spécialistes qui, se copiant les uns les autres, en recopiant les clercs – nécessairement de mauvaise foi – datent la naissance de l’Art du blason du XIVème/ XVème siècle.
Répétons-le nettement : c’est en fait la date de l’écriture par ces clercs des premiers traités bien pensants sur la question, alors que la Chevalerie – la vraie – était moribonde depuis Crécy en 1346. Mais, c’est aussi l’époque du foisonnement décoratif de l’Héraldique à la Renaissance qui provoqua ce trompe-l'œil typiquement livresque :
En effet, « L’influence de la Renaissance se révèle désastreuse. De la manière la plus irrégulière qui soit, il sera introduit dans le dessin originel une profusion de détails réalistes qui, s’ils peuvent flatter l’œil naturaliste, indisposent grandement l’homme de l’art et déforment gravement la vision de qui contemple les Armes. » Gattegno.
Pourquoi cette symbolique à dégénéré ? Bien sûr, la lutte concurrentielle de l’Église* qui subvertissait les valeurs* anciennes en est la cause principale, mais ce ne fût possible que grâce à l’abandon culturel progressif du fait des principaux intéressés car les (faux) “nobles de Cour” avaient énormément dégénéré moralement et culturellement depuis qu’ahuris de plaisirs frelatés, de course aux “honneurs” vains et, surtout, depuis qu’étant prisonniers de la Cour de Versailles pour dettes de jeu (!) ils étaient devenus traîtres à leur fonction*, traîtres envers leur peuple auquel ils ne montraient plus l’exemple par la vertu et les devoirs impartis à une véritable “noblesse de caractère” ! La “noblesse du sang” n’était plus alors qu’une formule creuse…
Teintes employées en Héraldique : on ne doit pas dire des couleurs car ce sont en fait des Métaux (nobles), des Émaux et des Fourrures ou Panes, auxquels s’ajoute une ou des carnations. Nous remarquerons que, selon l’habitude, il y a correspondance avec la symbolique astrale et les six directions du Tertre Sacré Hag-all
(cf. aussi Mühlespiele° in art. Astrologie* nordique, et Runes*) avec, au centre, et coiffant le tout, l’Or du Soleil “domine” :


Nous disions donc qu’il y a deux Métaux qui sont :
- d'Argent, qui viendrait d'Argos, en grec "brillant et vif", symbole* de neige, du bouleau, de pureté, de la pleine Lune réfléchie, et surtout de l'éclair révélateur
!
- d'Or, symbole de la Lumière solaire
, qui viendrait d’Aurore, gaulois aurinios et latin aurum, Sanskrit : hrinayam, proche de Hari, qualificatif du Seigneur (Krishna) et du germanique Hari(jan) (Å cf. aussi “aryen”) "Seigneur des Armées", mais aussi de Rune* "secret, murmure". En allemand ou en anglais, la racine Gold, en nordique Gull, est très différente : ce n’est plus une couleur, c’est un métal : “un Don à faire aux Dieux et une abomination pour les hommes”…
Et cinq émaux qui sont :
- d'Azur, nom qui vendrait selon l’héraldique des clercs †, de l'Arabe lazuward et que les croisés auraient ramené (?) de leurs entreprises… hasardeuses. Or la tradition védique donne les Asuras des Indes comme étant des dieux sombres (depuis le grand combat Mahabharatta), équivalents des Ases nordiques grands maîtres du firmament Ouranos, des Dieux *Diew/ Deiwos (”ciel diurne”) aux idées claires toutes en finesse, comme un souffle (grec zéphyr) dans un ciel clair, “Bleu de France”, dit-on en Vexillologie (cf. infra, ainsi que l’article Guerre* de Fondation) : coincés entres ces Ases/ Asuras spécialistes d’un ciel d’azur, qu’avons nous besoin du tardif et syncrétique lazuward…
- de Gueules, norois Gjöll “goule” de l'enfer qui dévore, latin voro, sanskrit girati.
- de Pourpre : du coquillage purpurea qui donnait cette couleur aux toges romaines, l’ancienne couleur des rois et des guerriers (cf. grec miletos).
- de Sable : qui viendrait du russe sobol "martre zibeline", par le latin médiéval sabelum "noir" : ce n'est en effet pas la couleur habituelle du sable sauf s’il s’agit du limon des marais après le raz de marée boréen. Son rôle symbolique est donc celui de la Grande Nuit (cf. La Flûte enchantée, et la nordique Nott) : de la Mort pour la Renaissance (Mystère, Initiation*)…
- de Sinople : dont on dit souvent (en se recopiant les uns, les autres) qu’il viendrait du latin sinopis, terre rouge de Sinope, un port antique de Grèce : comprenne qui pourra ! En effet, ce n’est absolument pas convaincant : il faudrait que tous nos ancêtres aient été bigrement daltoniens et qu’une mutation génétique nous ait depuis touchés de sa grâce tous à la fois ! Alors qu’il est si simple de considérer que, étant la couleur de la troisième fonction* dumézilienne (dite Fonction de production) elle est “non noble” (non première et non seconde fonction ce qui en fait en latin sin nobilitate d’où… sinople, tout comme le mot anglais snob qui a évidemment la même origine !
Auxquels s’ajoutent deux fourrures :

- le Vair : du latin varius “varié, bigarré”. C’est la fourrure de l’écureuil "Petit Gris" de Bavière… nom qu’on retrouve dans la pantoufle de vair de Cendrillon (qui n’était évidemment pas en verre) !
Ci-dessus, le Blason « De Vair (ancien) au lambel d’Argent » qui figure sur la petite porte de l’église du château de Montverdun en Forez, la région de l’Astrée. Ce Vair ancien montre bien la forme des peaux de fourrure. Or, le Vair héraldique ne montre plus par la suite qu’une forme géométrique, un “Meuble” stylisé. Nous pensons donc qu’à l’instar de l’hermine qui est la marque des Ordres de Justice, le Vair pouvait être la marque d’un Ordre (éradiqué ?) et sans doute très ancien puisque nos lectures ne nous ont pas définitivement éclairés à ce sujet quoique grâce à l’Internet nous ne perdions pas espoir…
- l'Hermine de Bretagne qui porterait elle aussi un nom rapporté par les croisés, depuis son mythique pays d'origine l'Arménie, et dans laquelle avec notre habituel “parti-pris”, nous verrons Armin, les Armanen.
Ce qui peut nous confirmer dans cette hypothèse, c’est la fonction justicière de la reine Frigg, l’épouse de Wotan* comme figure de la Justice* distributive (cf. Héra°, reine du marais, et aussi l’art. Narval*) car l’Hermine est restée de nos jours l’insigne des Ordres de Justice.
Il existe en outre des “colorations objectives coutumières” qui sont :
De Carnation, ce qui indique la morbidesse de la peau…
De Couleur naturelle, en rapport avec la couleur de l’objet…
Bigarré (argos) qui est polychrome : c’est le bariolé du papillon mais, on doit dire :
Miraillé quand les ocelles sont d’un émail différent.
Symbolique des métaux, des émaux, des fourrures et de la carnation : La codification de leur signification lorsqu’ils habillent la Partition de l’écu issue des “quatre coups guerriers”, ainsi que celle des Pièces et des Meubles qui les peuplent – car ces partitions sont des Champs, peu ou prou peuplés – s’est faite lentement lorsque les Blasons devinrent héréditaires et principalement pour lutter contre le désordre introduit par le laisser aller des “aristocrates de Cour” et par les (vulgaires et in-signifiantes) “Armes parlantes” des roturiers…
Règles impératives : on ne superpose jamais deux métaux ou deux émaux sinon les Armes sont dites À Enquerre : ce qui oblige à s’enquerrir de cette particularité. Lorsqu’il y a Couture la règle ne joue pas, cela se blasonne et conséquemment, ne soulève pas d’enquête. C’est le cas par exemple des Armes de Paris qui, de Gueules, ont un chef “cousu” d’Azur. Exceptions : l’Écartelé, les Brisures (des frères ou bastards) et les détails des figures, becs, griffes, etc.
On ne superpose pas non plus deux fourrures qui, elles, se disposent indifféremment sur métal ou émail.
La Partition de l’écu : Les 9 Partitions principales sont le résultat des 4 Coups Guerriers portés sur l’écu : Parti, Coupé, Tranché, Taillé qui s'inscrivent donc sur le "Champ" global de l'Écu. Ils "honorent" le guerrier et déterminent ainsi des "pièces honorables" qui sont aussi appelées Meubles (cf. IIème partie)…

Les neuf partitions ternaires se déduisent du redoublement des Coups Guerriers, ce qui va donner des Tiercés : en Pal (vertical), en Fasce (faisceau horizontal), en Bande (en tranchant) et en Barre (en taillant) qui sont réguliers, complétés du Parti mi-coupé à senestre et de son symétrique Parti mi-coupé à dextre, ainsi que du Coupé mi-parti en chef, et de son symétrique Coupé mi-parti en pointe, ainsi que le Tiercé en Pairle qui complétera les partitions irrégulières :


Le drapeau catalan : Au IXème siècle, Joffre le Poilu, Comte de Conflent et Seigneur de Ria, le père de la dynastie des Comtes de Barcelone, guerroie aux côtés de son roi Charles le Chauve contre les incursions normandes dans les Pyrénées. Au cours d’une rude bataille, Joffre est mortellement blessé : le roi applique alors quatre doigts sur la blessure et, les apposant (en fasce)n sur le bouclier d’Or, le teinte de ce sang. Ainsi naquirent, selon la légende, les Armoiries de la Catalogne ». (et celles de notre Roussillon qui en fut détaché…) : “Sang et Or” !
Les Croix° dans la partition : Parti plus Coupé donne l’Écartelé. Tranché plus Taillé donne l’Écartelé en sautoir. L’un sur l’autre donnent le Gironné où l’on retrouve les flammes spiralées du soleil tournant comme son symbole le Svastika* sacré (cf. les Armes des Bérenger de Sassenage, et § Vexillographie, infra).
On remarquera ici l’importance du Blason gironnée qui figure le Mühlespiele° (cf. art. Astrologie* nordique), le coeur du temple* de plein air Németon ou Téménos, l’ancêtre de la Tholos de Thulé à 8 colonnes : rappelons que ses huit directions ou Rais (cf. infra Escarboucle°) indique les axes Nord Sud ou midi minuit ; Est Ouest ou ligne des équinoxes ; et ceux des levers et couchers héliaques au solstice d’hiver ainsi qu’au solstice d’été : lorsque nos danseuses tournent le Mai à dextre et lorsque – simultanement – les danseurs le tournent à senestre, avant de s’inverser, chacun, ils flamment ce gironné en svastika* solaire tout à la fois en dextrogyre puis en senestrogyre et, tissant le Destin* : ils figureront ainsi l’Ordre
immuable et mouvant du Cosmos !

Mais, revenons à nos Partitions : s’y ajoute le redoublement de la figure de l’écu nommée Sur le tout, et son triplement Sur le tout du tout (dont seule la partie centrale pourra être chargée ou peuplée d’un Meuble signifiant). Remarquons que ce blason partitionné ”sur le tout du tout” figure les trois degrés (initiatiques*, tré-pas) qu’il faut franchir pour accéder à la Colonne° phallique ou gnomon solaire, centre absolu du Temple astrologique* de plain air Hag-all :, c’est l’Irminsul*/ Yggdrasil, lequel est évidemment de nos jours l’Arbre de Mai de nos joyeuses fêtes* populaires.
Et, dans cette série, citons aussi le redoublement en écartelé-éclopé :

Les pièces honorables : « Le privilège du premier ordre revient aux 9 pièces principale (9 = perfection) occupant un tiers de la surface de l’écu et mises en relation directe avec les pièces de l’équipement du chevalier : Chef, heaume – Pal, lance – Fasce, ceinture – Bande, baudrier – Barre, épée – Chevron (1), éperons – Bordure (2), cuirasse – Orle (3), cotte de maille – Écusson (4), bouclier et qui forment ainsi :

Les Divisions de l’Écus en 4 Cantons (“quartiers” en provençal) ou en 9 points. Pour “blasonner” un écus, on doit toujours commencer par le Canton du Chef dextre et l’on finira par le Canton de la Pointe senestre, ce qui est le sens normal de la lecture de l’écriture en occident et, de ce fait :
Les pièces héraldiques qui sont formées depuis les partitions, se présentent comme des pièces rapportées, comme en relief :

Le Chevron, du latin capreolus, "jeune chevreuil, support" (toujours ce cerf Cernunnos et sa biche Héra, du Marais ainsi que le jeune daim, la nébride).

Symbole de la grotte Mégare au pied de l'Ouranos, il est aussi ces deux poutres décorées d'une tête de cheval° qui soutiennent le toit des antiques maisons frisonnes et des églises nordiques Kirk/ ecclésia et nous les reverrons plus loin : ce sont les deux chevaux Hengist – l’angoissante Macht/ mare des Furies océaniques – et Horsa ou l’Alce/ Cernunnos ou Héra, le Grand Esprit du Marais, et ce sont eux qui supporteront traditionnellement notre Blason.
La Bordure est le Vébond des nordiques qui clôture le Vé sacré* du Hag/ tertre suprême ou Németon/ Jardin clos "hortus conclusus" : l’Asgard. Dans son livre original et décidément fort intéressant, Marol nous rappelle la parenté entre “clore”, du latin claudere et “clé”, du latin clavis et “Enclos sacré” ou “cloître”. Nous aimerions, plaisamment, y accoler Claude, qui claudique… en plantant la clôture, ce qui est en fait une "mutilation qualifiante" chère à notre regretté maître Dumézil. Mais c'est aussi une "triple enceinte " qui, avec le double sens du mot enceinte, voit re-naître un monde nouveau après la Grande Submersion qui fit l’ancienne terre “gaste”!
Suivent ensuite les pièces moins “honorables” : Franc-quartier ou Chanel (quartier dextre du chef), à senestre on le nomme Cornière ; en neuvième c’est un Franc-canton, et à senestre on précise sa position : Canton senestre ; puis la Croix ; le Sautoir ; la Champagne, qui telle la “campagne” figure le sol et se trouve donc sur les “pointes de l’écu” (le tiers inférieur de l’écu) ; l’Adextre qui reçoit la canton, le flanc et la pointe dextre ; le Senestre est son symétrique ; l’Esquarre (équerre) qui est l’espace commun à la Croix et à la Cornière ; la Pointe, un demi Contre-Chappé ; la Pile, un demi Contre-Chaussé ; le Giron (le 1/ 8ème du Gironné) correspond au 1er Quartier, les autres sont “mouvants” d’un des sept autres points, par exemple “Giron mouvant du Flanc senestre”.

Il existe aussi 9 sécantes ou “seyantes partitions” qui considèrent l’écu comme un homme et ces partitions lui “siéront” bien : il sera alors Chapé comme le chapeau pointu (conique) des Ases (ou le Piléus symboliques des nouveaux Romains acceptés comme citoyens “libres”) ; Chaussé, ce qui est son inverse ; Chapé-Chaussé ; Vêtu qui laisse place aux quatre membres :

…le Flanqué qui accuse les flancs ; l’Embrassé (!) ; l’Embrassé à senestre ; le Mantelé qui figure un mantelet… et le Papelonné qui ne doit rien au Pape mais tout aux feuilles du peuplier tel l’Homme Vert ou Homme sauvage* des Fêtes du Mai (ce mot vient du francique Papel “peuplier”, lesquels sont devenus les Héliades des Hellènes et leurs larmes d’ambre* après le raz de marée boréen) ; ce papelonné est toujours formé de 54 (!) Chapé-chaussé-ployé : comme les fameuses 54 (!) portes du Walhall… Curieux, n’est-il pas ?
Il existe aussi 18 Délinéaments : qui sont des variations sur les vagues et les créneaux : des éléments de Grecques. Ils limitent les pièces classiques d’un seul côté ou des deux côtés, ou ils décorent l’intérieur des Pièces, tel le Contre-Potencé.
Les Pièces peuvent aussi être Alésées (raccourcies des deux côtés) ou en Retrait (d’un seul côté), Fendues, Renversées, Entrelacées, Écimées, et qualifiées par rapport à une autre pièce ou à une Figure : palissé, aiguisé, fiché, cometé, renversé, écimé, flambant, fendu, renversé, entrelacé, et même diaprée s’il s’agit de la Pointe de l’Écu, c’est alors la marque de l’union constante du chevalier avec le motif du Chef…
Les lignes de la partition ou le contours de pièces peuvent être courbées (concaves) ou ployées (convexes). Elles peuvent encore être Rebattues, Diminuées, Réparties. Elles peuvent aussi “muter”, par exemple le Gironné Flammé tourne en Soleil ; une Équerre ou Gamma forme un Chevron (en pseudo relief) ou une Esquarre, deux font un Pairle, quatre font un Svastika* ou bien la Croix spatiale en 3 D, ce qui est la vraie forme de la rune* Hag-all
: les quatre Orients, plus Ciel et Terre.
Autres partitions : L'échiqueté a 64 cases, 64 étant un chiffre sacré* (et non magique*), c'est le même que le nombre d'Hexagrammes : deux jeux* cosmiques…
Il existe encore bien d’autres Pièces, moins courantes et, pour tenter de “tout savoir”, l’amateur se référera à un manuel classique d’Héraldique avec profit.
La Devise ou Âme figure sur une banderole, en général sous l’Ecu :
« Nous devinons bien que ce chatoiement de mots nous indique un passage secret entre armature et âme. La devise est censée "tremper" notre âme. Elle nous invite à déclarer ouvertement nos intentions, notre façon d'entendre (intendere en latin) la vie, pour… la vivre.
« Rieuse, hermétique, vaillante, discrète… la devise nous blasonne°, nous construit, nous "dit" : fert "cela porte", en latin. "Je maintiendrai". "Moult me tarde". "Tout pour Elle". "Tout pour les Dames". "D'Ors et de Cisne" –> d'Ours et de Cygne. "Peut estre"… Ce sont d'ancienne devises. Aujourd'hui, qu'avons nous à dire ? » Marol.
«Amor fati!» lui répondrait Montherlant et, quand à nous, nous retiendrons :


Le Cri : « Cri de naissance, cri "qui tue", il est notre trouée, notre foudre. Les Anciens attribuaient au cri une valeur magique redoutée (cf. supra, la “langue des loups”)n. Il y a des chants, des paroles, des cris opératifs. Ils puisent sans doute leur vitalité dans un son originel, le Verbe dit-on dans la culture chrétienne. Dans le domaine Indo-Bouddhiste, tout mantra (parole semence) s'origine dans le Om (aum)n, est une modalité de ce son primordial et tient de lui sa force. Tout son, si l'on veut bien "entendre", a ce potentiel là. La stridence ou l'ouragan du cri est un mantra sauvage ! Le cri de guerre des anciens âges, comme le chant de guérison nous greffe sur l'énergie première. » Marol.

Le Cimier : « En latin, cyma signifie “bourgeonnement” et en grec, kyma est une “crête de vague, un îlot sur la mer, un germe” (y compris l'embryon qui prend vie dans le sein de sa mère. Voilà le Cimier : un surgissement de vie, la crête qui un instant apparaît sur l'océan du monde… jeu du “je”. » Marol.
Ce bourgeonnement, cet îlot sur la mer, cet oeuf Omphalos ne font-il pas penser à Leuky, l’Île Blanche d’Hyperboré, à l’Atlantide boréenne germe probable de nos actuelles civilisations occidentales ?…
Le Droit au Blason : toute personne peut porter des Armoiries, professionnelles (corporatives) ou symboliques. Elles n’ont jamais été interdites sous l’Ancien Régime : tout au plus la codification réservait les métaux d’Or et d’Argent, et les émaux nobles, d’Azur et de Gueules, aux deux premières fonctions*, ainsi que la Fleur de Li(s) ou Fleur du Roi Loys, le vieil Angon des Francs, l’Irminsul*, le Sceptre royal (cf. IIème partie)…
La Fleur de Ly(s) mise à part, ces interdits ne gênaient personne, même les couronnes vagabondaient sur des blasons de fantaisie : on sait de quoi les bourgeois sont capables !…
C’est la Révolution qui a interdit le port du Blason le 17 Juin 1790, par haine de l’ancien Régime certes, mais surtout par inculture ! Il furent cependant rétabli peu après, sous le 1er Empire lorsque Napoléon, abandonnant la Maçonnerie* traditionnelle qui l’avait poussé à rétablir l’ordre après les excès de 93, voulut créer un nouvel Ordre avec les meilleurs* de ses officiers combattants pour encadrer la Nation : ce devait être la Légion d’Honneur !
Meubles : Étymologie du latin mobilis, "mobile, prompt", par le biais du vieux français "meuble". C’est donc ce qui se laboure bien, ce qui est la caractéristique d'un bon champ : en héraldique, ce seront divers objets ou symboles graphiques posés dans le “champ” et qui le peuplent et, de ce fait, on les blasonnera seulement après avoir décrit ce champ, comme si l’on décrivait la terre noire Héra du Grand Marais, puis les divers éléments civilisationnels qui la transforment en vert Jardin de Hommes (Midgard).
Précisons qu’aux Meubles, il convient d’ajouter les Figures symboliques* qu’on confond d’ailleurs souvent avec eux. Les uns et les autres sont toujours écrits avec une majuscule car “l’Héraldique est un Art noble” ! Cela nous permettra aussi d’oublier la fonction utilitaire de ces objets car ici la symbolique est reine !
Mais, ces figures “propres” ainsi que les figures naturelles sont en tel nombre que nous ne pouvons que conseiller à nos lecteur la lecture d’ouvrages spécialisés. Ils n’y trouveront cependant que des explications fort conventionnelles (et fort post évangéliques, nous l’avons vu), bien loin des “provocations” auxquels nous allons nous livrer dans la seconde partie de cet article
Seconde Partie à découvrir bientôt...


C*